Courant été 2018.
Encore cette série française qui ressemble plus à un dépliant publicitaire qu'à une oeuvre de fiction : « Ah non, tu n'arriveras à rien avec tes produits bio ! pour ça il te faut du bon produit bien chimique ! » (pour enlever de la peinture sur un mur).

L'environnement de sept milliards de personnes sur la même planète, ceux d'entre eux qui crèvent d'une ou plusieurs maladies de la pollution et tous vos enfants (ceux qui vivront comme dans les films d'anticipation, avec les cancers, la malnutrition, les pluies acides, l'air irrespirable, etc.) ; tout ce monde, c'est-à-dire tout le monde ; peut remercier les « produits bien chimiques » et les producteurs de série télévisubeurk qui contribuent à véhiculer ces idées littéralement nauséabondes.

18 août 2018.
Décidemment, la télévision s'illustre régulièrement par la médiocrité de son contenu éditorial.
Aujourd'hui, alors que j'enfile un froc récalcitrant, je lève le nez vers le petit écran et je lis le bandeau qui accompagne un reportage. Nous sommes sur le troisième canal du service public et là, sous mes yeux, je déchiffre « Et milieu coule une rivière ».

L'évidence me hurle de fermer mon grand clapet à paroles, il s'agit d'un simple oubli.
L'évidence me hurle aussi de considérer que je suis sur une chaîne publique, que je regarde une vidéo de promotion d'un reportage enregistré. Enregistré. Tout est enregistré, rien de spontané. Tout ça est probablement prêt depuis des jours, peut-être des semaines. Et personne n'a relu. Et ces gens sont la référence des classes les plus modestes...

France Info (TV), 08 juillet 2018.
Un bandeau au bas de l'écran m'apprend que « 15 voitures ont été incendiées cette nuit, 3 d'entre elles ont été atteintes par les flammes ».
Le bandeau est resté inchangé pendant plusieurs heures.

Pour l'Académie :
INCENDIER v. tr. (se conjugue comme Crier). XVIe siècle. Dérivé d'incendie.
Mettre en feu un édifice, une ville, une forêt, etc. ; détruire par le feu.
Toutes les acceptions que je connais impliquent que le sujet est victime d'un incendie, sauf par analogie ou au sens figuré, tous deux non concernés ici.

On peut donc affirmer que, pour France Info, un véhicule peut être incendié sans être la proie des flammes.
À moins que douze voitures aient été éclairées d'une vive lumière ?
Ou bien s'agissait-il d'une sensation de brûlure ?
Oh, peut-être que leur imagination était en feu ?

Heureusement que la télévision est là pour pallier aux lacunes des enseignants.
Dans une saynète de Scènes De Ménages (série de comédie à séquences courtes), une gamine demande au couple de personnages âgés de la série quelle est la différences entre un remords et un regret. Les deux autres ne savent pas répondre (j'ai cru comprendre qu'il s'agissait là du ressort comique de la séquence) et, pour cacher son ignorance, l'homme conclut en statuant sur l'orthographe des termes (comme si c'était la question) : « Eh bien, remord s'écrit "r e m o r d" et regret s'écrit "r e g r e t" ».

Bien entendu, cette série est classée « pour tous publics ».
J'ajoute que j'ai lu (quelque part un jour) que cette série était « extrêmement bien écrite »... À Paris, si on n'a pas de dictionnaire, on peut toujours compter sur le soutien corporatiste.

Le premier avril 2017 de l'ère chrétienne, en France, pays civilisé, population dotée d'un langage articulé qui a fait ses preuves... Sur la chaîne télévisuelle (maladroitement) appelée L'Équipe 21 (le 51 eut été de rigueur), un journaliste, pardon, un intervenant qui n'a pas dû suivre grand chose de toute sa scolarité, s'écrie avec un enthousiasme qui procurerait un orgasme à une carpe : « On est sur de l'égalité parfaite : 35-34 ! » ! (1)

(1) Je me permets de doubler le point d'exclamation, au risque de me coller une crise cardiaque dans les jours qui viennent, mais il est des choses qui se montrent du doigt.

Le premier décembre 2016, alors que mes visites au poulailler s'espacent de plus en plus, je pianote sur la télécommande de la lucarne infernale et je m'arrête sur un publi-reportage (1) pour les livres qui singent les trucs multimedia. Je n'ai pas souvenir de la façon dont le bouquin était augmenté, je me souviens bien de la phrase de la cruche qui le présentait : « lire un livre n'est plus ennuyeux ».

Doit-on tolérer un tel discours sur un media aussi populaire que la télévision ? N'y aurait-il pas là matière à remettre en question l'abolition de la peine de mort ?

Cette phrase, aussi anodine qu'elle puisse paraître, est une insulte au visage de centaines de millions de personnes autour du globe (sûrement plusieurs milliards, mais je sais rester humble quand je n'ai pas accès à des statistiques fiables). Insulte prononcée à une heure de grande écoute et qui a dû toucher des parents et des enfants par milliers. N'existe-t-il rien dans l'arsenal juridique de notre pays qui réprouve l'insulte publique ?

(1) l'autre nom pour désigner les amitiés récompensées au mépris de la déontologie.

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