Une pub, octobre 2018 :
« Vous savez combien de sel vous mangez par jour ? »
Combien de temps tolérera-t-on que des bachi-bouzouks télé-omniprésents sapent le travail des enseignants en vulgarisant l'usage de l'affirmatif à la place de la forme interrogative ?
De plus, « combien » sert à dénombrer, pas à peser (la réponse donnée dans le film est quelques grammes) !
Enfin, manger est un acte volontaire or personne ne « mange » de sel, on en ingurgite, à la rigueur.
Je devais être très énervé le jour où j'ai relevé ça...

19 janvier 2019.
Un « sociologue », interrogé à la tévé au sujet du mouvement des gilets jaunes :
(en substance, j'ai oublié les mots exacts) « ... des gens qui font 25 kilomètres chaque jour pour aller travailler [...], ça leur revient plus cher que leur loyer ».
Il parlait bien là du coût de l'essence.
On peut raisonner sur le cas sûrement très répandu d'une personne qui travaille chaque jour de la semaine, du lundi au samedi. Cela équivaut à six journées de labeur, six allers-retours donc douze trajets. Interrogeons les chiffres :
12x25=300 kilomètres par semaine.
Arrondissons les mois à quatre semaines.
4x300=1200 kilomètres par mois.
Considérons la consommation moyenne des automobiles les plus vendues en France. Pour cela, je me base sur les statistiques de ce site.
Je prends la moyenne, à vue de nez elle tourne autour de 6.45 litres au cent kilomètres.
1200/100=12
12x6.45=77.4 litres de carburant consommés pour aller et venir au travail.
Je consulte ce site pour considérer le prix moyen des carburants. Pour cela j'utilise les six premiers résultats des trois carburants que je pense les plus usités :
Gasoil, moyenne 1.441
SP98, moyenne 1.516
SP95, moyenne 1.458
La moyenne des trois est de 1.471
Le véhicule à moteur thermique de notre individu consomme, en moyenne, 77.4x1.471=113.8554 euros.
On peut donc affirmer grâce à ce « sociologue » dont le nom doit sûrement briller à côté de ceux de Durkheim ou Bourdieu, que la moyenne des loyers en France se situe en dessous de 113 euros.

Et les tévés tournent sans cesse dans les foyers français, avec leur logorrhée mensongère ou partisane qui se déverse dans les oreilles de tous...

29 dec 2018, France info

« Le prix du brut a baissé de -35%. » Autrement dit « moins 35% en moins ».
J'ai retenu deux choses des cours de mathématiques du collège. Tout d'abord que 2+2= plus ou moins 4 ; ensuite que, en ce qui a un rapport aux nombres à signe (selon qu'ils se sentent supérieurs à zéro ou bien qu'ils fassent partie du prolétariat), que moins plus moins fait plus : [ - + - = + c'est totalement fou ! ]. C'est con et abscons du point de vue de la poésie, mais c'est ainsi ; les étoiles ne brilleraient pas de la même façon sans ça.
Mais alors, si je relis cette phrase de journaliste qui devait avoir autre chose à faire au collège que comprendre ces histoires d'étoiles ; je dis bien si je relis cette phrase au ralenti, moins 35% en moins signifie 35% en plus, donc une augmentation !

Et là, je m'exclame bruyamment : sainte vierge, le brut a augmenté contre toute attente et en dépit des étoiles !

30 décembre 2018

Je fatigue déjà de l'arrivée imminente de saint Sylvestre lorsque, sur la lucarne à images : un usager de la route interrogé par une journaliste raconte « ... par exemple, un automobiliste suit la voiture qui le précède... »
Non, l'homme ne parlait pas de filature mais bien de la position la plus ordinaire qui soit pour un cendrier.
Jacques de Chabannes n'eut pas inspiré plus belle lapalissade.

28 juillet 2018

La canicule me fait bouillir et va bientôt me propulser dans un service hospitalier mais avant cela, j'assiste à une démonstration télévisuelle de domptage des consciences :

1. « Ah non, tu n'arriveras à rien avec tes produits bio, pour ça il te faut du bon produit bien chimique ! » (pour enlever de la peinture sur un mur).
2. Un couple regarde leurs voisins qui offrent un poney à leur enfant (un poney ? peut-on offrir un poney à un enfant dans la vie réelle ?) :
- « Oh les cons, c'est pas parce qu'ils lui offrent un cadeau de ce prix que leur enfant sera heureux » (discours normatif)... et ils se jettent des regards d'envie ! (discours objectif).

Fin août 2016.
La machette est dressée dans mon dos depuis deux ans, il est temps qu'elle retombe sur ma nuque... mais je m'égare.
Été 2016, vague de chaleur ou canicule, le soleil cognait sur la France.
Sur les chaînes de désinformation télévisuelle nationale, les journalistes (quatre ans d'étude) interrogent les gens qui boivent plus que d'accoutumée dans la rue !
Mais... Ces gens-là manquent-ils de sujets ? Sérieux ? Avec tout ce qu'il se passe dans le monde, ils manquent de sujets ?
À cette époque, je revisionnais les épisodes du Flying Circus et je me suis dit que c'est typiquement le genre de sujet que les Monty Python auraient pu mettre en scène : des journalistes si désœuvrés qu'ils en sont réduits à interroger des gens qui s'abreuvent pendant une canicule !
Je reste sans voix, d'autant que les gens interpellés répondent aux questions d'une profondeur inégalée : « Vous buvez plus que d'habitude ? » Il est des êtres humains pour répondre à cette question alors que la canicule écrase le pays !
The first rule of Fight Club should be : You do not talk to journalists !
Second first rule of Fight Club should be : You do not talk to journalists !

28 août 2018.
Une chaîne de désinformation de la TNT ; milieu de matinée.
Stupeur ! Nicolas Hulot (Nicolas qui ?) démissionne de son poste de ministre de la Farce de Transition Écologique.
Gérard Leclerc, journaliste (quatre ans d'études) :
- Il a dit : ... si je l'aurais dit avant... »

Il reste une poignée d'élèves du primaire en France qui font cette erreur. Une poignée d'élèves du primaire et Gérard Leclerc qui, à vue de nez, est quinquagénaire et, par conséquent, devrait connaître et pratiquer la règle depuis une quarantaine d'années. Mais non ! Monsieur fait l'intéressant, monsieur dit « Crotte ! » à la France entière.

Mais laissons retomber l'émotion qui nous étreint, rangeons ce couteau sacrificiel et tentons de transiger pour nous éviter l'emprisonnement pour meurtre avec circonstances aggravantes et constatons ensemble, mes frères, qu’il est difficile de faire confiance à un journaliste (quatre ans d'études) qui se prénomme Gérard, n’est-ce pas ? Les Gérard sont fourbes et vils, c’est bien connu, personne ne peut leur faire confiance. Ignorons donc son ignorance et oublions cette notule rageuse.

Un jour de juin 2016.
Un peu plus de deux mois après cela, je prends un coup de machette dans la nuque.
Dans un épisode de la série que j’adore décortiquer depuis quinze ans, un personnage invite sa compagne à voir un film à l'occasion d'un festival de cinéma japonais. Une fois rentrés, ils évoquent une scène du film puis deux... et concluent en disant que « c'était chiant » !
Et là, en un coup de cuillère à merde, un passage qui semble anodin, vous renvoyez des millions de gens à leurs goûts de chiottes et un peuple à l’histoire honorable au rang de nation insignifiante. Je suis prêt à parier que les auteurs de cette saynète seraient incapables de voir ce qui cloche dans cet appel au crime (le leur)…

La domination masculine, assise par la violence symbolique s'affiche et se perpétue partout. Surtout à la télévision. Un exemple parmi tant d'autres : Les Z’amours.
Cette émission met en compétition (tiens donc ?) trois couples au travers de questions à champs multiples qui portent sur la connaissance que chaque élément de la paire a de l’autre (j’adore cette phrase !).
Comment Diable une émission de divertissement peut-elle être vecteur de violence et de domination ? Tu divagues, mon garçon.
C’est simple, mon garçon, le choix et la forme des questions posées aux concurrents ne sont pas innocents. Ils induisent une certaine forme de rapports sociaux, en l’occurrence de répartition sexuelle des tâches et des rôles. Les questions sur les tâches domestiques sont édifiantes, elles sont toujours orientées dans le même sens, même sous couvert de « modernité » (1) ; celui de la femme au fourneau.
Le consentement de tous (animateur, participants, public) rend la chose encore plus abjecte.

(1) Terme galvaudé qui tente désespérément de laisser penser que l’époque est à la tolérance, l’ouverture d’esprit et à l’esquive des persistances mises en avant par bien des sciences sociales.

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