Heureusement que la télévision est là pour pallier aux lacunes des enseignants.
Dans une saynète de Scènes De Ménages (série de comédie à séquences courtes), une gamine demande au couple de personnages âgés de la série quelle est la différences entre un remords et un regret. Les deux autres ne savent pas répondre (j'ai cru comprendre qu'il s'agissait là du ressort comique de la séquence) et, pour cacher son ignorance, l'homme conclut en statuant sur l'orthographe des termes (comme si c'était la question) : « Eh bien, remord s'écrit "r e m o r d" et regret s'écrit "r e g r e t" ».

Bien entendu, cette série est classée « pour tous publics ».
J'ajoute que j'ai lu (quelque part un jour) que cette série était « extrêmement bien écrite »... À Paris, si on n'a pas de dictionnaire, on peut toujours compter sur le soutien corporatiste.

Le premier avril 2017 de l'ère chrétienne, en France, pays civilisé, population dotée d'un langage articulé qui a fait ses preuves... Sur la chaîne télévisuelle (maladroitement) appelée L'Équipe 21 (le 51 eut été de rigueur), un journaliste, pardon, un intervenant qui n'a pas dû suivre grand chose de toute sa scolarité, s'écrie avec un enthousiasme qui procurerait un orgasme à une carpe : « On est sur de l'égalité parfaite : 35-34 ! » ! (1)

(1) Je me permets de doubler le point d'exclamation, au risque de me coller une crise cardiaque dans les jours qui viennent, mais il est des choses qui se montrent du doigt.

Le premier décembre 2016, alors que mes visites au poulailler s'espacent de plus en plus, je pianote sur la télécommande de la lucarne infernale et je m'arrête sur un publi-reportage (1) pour les livres qui singent les trucs multimedia. Je n'ai pas souvenir de la façon dont le bouquin était augmenté, je me souviens bien de la phrase de la cruche qui le présentait : « lire un livre n'est plus ennuyeux ».

Doit-on tolérer un tel discours sur un media aussi populaire que la télévision ? N'y aurait-il pas là matière à remettre en question l'abolition de la peine de mort ?

Cette phrase, aussi anodine qu'elle puisse paraître, est une insulte au visage de centaines de millions de personnes autour du globe (sûrement plusieurs milliards, mais je sais rester humble quand je n'ai pas accès à des statistiques fiables). Insulte prononcée à une heure de grande écoute et qui a dû toucher des parents et des enfants par milliers. N'existe-t-il rien dans l'arsenal juridique de notre pays qui réprouve l'insulte publique ?

(1) l'autre nom pour désigner les amitiés récompensées au mépris de la déontologie.

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