28 août 2018.
Une chaîne de désinformation de la TNT ; milieu de matinée.
Stupeur ! Nicolas Hulot (Nicolas qui ?) démissionne de son poste de ministre de la Farce de Transition Écologique.
Gérard Leclerc, journaliste (quatre ans d'études) :
- Il a dit : ... si je l'aurais dit avant... »

Il reste une poignée d'élèves du primaire en France qui font cette erreur. Une poignée d'élèves du primaire et Gérard Leclerc qui, à vue de nez, est quinquagénaire et, par conséquent, devrait connaître et pratiquer la règle depuis une quarantaine d'années. Mais non ! Monsieur fait l'intéressant, monsieur dit « Crotte ! » à la France entière.

Mais laissons retomber l'émotion qui nous étreint, rangeons ce couteau sacrificiel et tentons de transiger pour nous éviter l'emprisonnement pour meurtre avec circonstances aggravantes et constatons ensemble, mes frères, qu’il est difficile de faire confiance à un journaliste (quatre ans d'études) qui se prénomme Gérard, n’est-ce pas ? Les Gérard sont fourbes et vils, c’est bien connu, personne ne peut leur faire confiance. Ignorons donc son ignorance et oublions cette notule rageuse.

Un jour de juin 2016.
Un peu plus de deux mois après cela, je prends un coup de machette dans la nuque.
Dans un épisode de la série que j’adore décortiquer depuis quinze ans, un personnage invite sa compagne à voir un film à l'occasion d'un festival de cinéma japonais. Une fois rentrés, ils évoquent une scène du film puis deux... et concluent en disant que « c'était chiant » !
Et là, en un coup de cuillère à merde, un passage qui semble anodin, vous renvoyez des millions de gens à leurs goûts de chiottes et un peuple à l’histoire honorable au rang de nation insignifiante. Je suis prêt à parier que les auteurs de cette saynète seraient incapables de voir ce qui cloche dans cet appel au crime (le leur)…

La domination masculine, assise par la violence symbolique s'affiche et se perpétue partout. Surtout à la télévision. Un exemple parmi tant d'autres : Les Z’amours.
Cette émission met en compétition (tiens donc ?) trois couples au travers de questions à champs multiples qui portent sur la connaissance que chaque élément de la paire a de l’autre (j’adore cette phrase !).
Comment Diable une émission de divertissement peut-elle être vecteur de violence et de domination ? Tu divagues, mon garçon.
C’est simple, mon garçon, le choix et la forme des questions posées aux concurrents ne sont pas innocents. Ils induisent une certaine forme de rapports sociaux, en l’occurrence de répartition sexuelle des tâches et des rôles. Les questions sur les tâches domestiques sont édifiantes, elles sont toujours orientées dans le même sens, même sous couvert de « modernité » (1) ; celui de la femme au fourneau.
Le consentement de tous (animateur, participants, public) rend la chose encore plus abjecte.

(1) Terme galvaudé qui tente désespérément de laisser penser que l’époque est à la tolérance, l’ouverture d’esprit et à l’esquive des persistances mises en avant par bien des sciences sociales.

21 août 2018, une chaîne d'information de la télé. Arrive le bulletin météo.
Dans ce même bulletin, la jeune femme qui présente les températures de la journée sur la France nous apprend que : « Il fera 19 degrés sur une large moitié nord et 23 sur une large moitié sud » !

Il faudra déjà dire à tous ces diminués du vocabulaire qui font la pluie et le beau temps sur notre pays qu'une moitié ne peut être large, petite ou grande, une moitié est une moitié, il n'y a pas de nuance à la moitié de quelque chose. Il en va de même pour les tiers et les quarts et toute autre division !
Ensuite, on peut déceler une double confusion pour la jeune femme qui voit deux larges moitiés sur un seul territoire. À l'écouter, le 21 août 2018, la France a augmenté sa superficie. Est-elle revenue à de plus humbles proportions depuis ?

25 août 2018.
L'équipe 21, dans les commentaires d'une compétition de VTT :
- Rémy, qui nous avait fait peur l'an dernier avec une énorme boîte lors du championnat du monde.
Je ne savais pas que les boîtes effrayaient certaines personnes. Un trouble psychiatrique, peut-être ?

Lors du même reportage, quelques minutes après :
- Il est assuré d'une place sur le podium parce qu'il ne reste plus que quatre concurrents à s'élancer.
Encore une fois, l'arithmétique n'est pas le fort de tout le monde...

Courant 2016 ; je suis déjà mort mais je ne le sais pas encore ; je ne sais sur quelle chaîne de la télévision, j'entends un journaliste prononcer la phrase suivante alors qu'il parle d'un comportement observé : « la norme qui reste très marginale ».

Si les académiciens sont supposés accompagner l'usage de la langue, il serait peut-être correct de la part des usagers de respecter ce travail.

Un jeu télévisuel quelconque, un jour d'août 2018.
L'animateur parle de « taticardie » ; j'ai cru qu'il parlait d'un membre de sa famille ; et les ovins qui lui tenaient lieu de faire valoir ont répété ces deux mots, tatie et Cardie, à plusieurs reprises.

C'est bon de rire.

Un reportage, le lendemain du merveilleux jour d'août précédent. La journaliste - quatre ans d'études - en commentaire des images d'une commune de la Drôme : « un village de 3000 habitants ». Quatre ans d'études. Je précise à nouveau parce qu'on est en droit de s'interroger sur le contenu enseigné dans les écoles de journalistes.
Le même reportage, quelques minutes plus tard, le maire du « village de 3000 habitants » s'exprime et détaille les particularités du climat local en nous parlant « d'hygronométrie ».
Je confirme : le néologisme devenu l'art de la dissimulation de l'ignorance.

18 juillet 2017, télévision française, chaîne publique(1), tour de France cycliste : « Les écarts vont se stabiliser voire s'agrandir ».
Je ne vois que deux éventualités à ce trait de génie involontaire :
1. Désormais, se stabiliser est synonyme d'instabilité, de mouvement et de changement,
2. Voire ; que beaucoup écrivent voir, remarquons-le au passage ; prend le sens du verbe avec lequel on le confond souvent,
3. Le journaleux n'a rien compris à l'art de la bicyclette. (2)
Dans le doute, je propose de passer tous les prétendus journalistes du service public à la fourche, entasser les corps et bouter le feu à l'amas (Serge ne me contredira pas) avant de faire péter les rédactions des chaînes privées à une heure de grande fréquentation. Peut-être que, de cette façon, les écarts de compétence entre les uns et les autres vont se stabiliser voire diminuer ?

(1) Ceux-là même qui argumentent de leur sérieux par rapport au privé...

(2) Il existe deux sortes de gens sur terre : ceux qui savent compter et les autres.

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