image décoLa colère. Une compagne fidèle qui est une alliée, parfois un frein, souvent un moteur. Elle nait souvent d'une indignation, se confond avec elle et ne s'éteint jamais. Le handicap n'est pas sa seule source, j'aurais même tendance à penser que s'il n'y avait que l'infirmité, je rirais de mes colères ordinaires...

Aujourd'hui, 17 novembre 2020, Jérôme Salomon, directeur général de la santé, s'exprime à la tévé française : « ... le virus s'attaque à nos corps mais aussi à nos âmes. »
Moi qui croyais qu'on vivait dans un pays laïc...

01 août 2019, trois millions d'hectares ont brûlé en Russie (douze selon Greenpeace)... seulement des bandeaux sur les chaînes de tv françaises et AUCUNE aide internationale !
Trois putains de millions d'hectares !
Un sujet de trente secondes sur une des chaînes le 02 août. On finit par évoquer le drame... lorsque des centaines d'hectares brûlent à Los Angeles, là où ça devient subitement un drame. En Russie, ce n'est pas un drame, c'est un fait divers.

Ce phénomène se reproduit presque chaque année depuis une décennie : les ravages du feu n'ont pas droit à la même couverture médiatique selon l'endroit de la planête où il se produit. Estonisch, nein ?

Mise à jour du lendemain du décès de Charles : une parisienne censée nous dire à quel point Charles fut important dans sa vie nous avoue que « dans la voiture, avec mon père, on écoutait tous ses singles ».
Déjà, écouter la musique en voiture est un crime contre l'humanité ! L'entendre est envisageable mais l'écouter...
Et puis Charles Aznavour aurait sorti des singles ? Vraiment, des singles comme les titres qui tournent à la radio ? On parle bien de la même chose ? Cette entreprise d'abrutissement et d'uniformisation des masses ? Charles Aznavour ?
Combien de temps subira-t-on cette médiocrité élevée en mode de vie ?

Octobre 2018, mort de Charles Aznavour.
Comme il existe des gens qui pensent que, avec des livres et une machine à enregistrer des mots à l'aide d'un clavier, on s'ennuie à l'hôpital…

… La digression élève l'homme…
Il est possible de ne pas s'ennuyer à l'hôpital, il suffit d'observer le personnel, répondre à ses questions de façon un peu décalée et bien écouter les réponses, scruter les attitudes. C'est souvent hilarant.
Malheureusement pour moi, lors de cette hospitalisation-là, je n'ai pas atterri dans un service de médecine, mais bien dans un établissement d'élevage en batterie… élevage au sein duquel je n'ai vu personne et je n'ai pas pu observer le personnel.

… on s'ennuie à l'hôpital et, sans me demander mon avis, « on » m'a loué une tévé. Comme un con, j'ai regardé et c'est de cette façon que j'ai appris le décès de Charles Aznavour. Un détail m'a sauté au pif (paf !) : un bandeau sur les chaînes dites d'info, en bas des écrans, supposé faire part de l'immensité du bonhomme, nous informait que les américons déplorait la mort du « French frank sinatra ».
Oh come on ! Comment peut-on être assez sourd pour comparer sinatra et Aznavour ?
Est-ce que je compare les belles femmes à Barbie ? Le hardcore japonais au zouk ? spielberg à Bruno Dumont ?

Comment comparer un auteur aux textes qui ont émerveillé des millions de personnes à travers le monde et un produit de consommation courante (au sens de débâcle) comme sinatra ?
Et puis cette façon de tout rapporter à la cul-ture américonne : ont-ils jamais dit que sinatra était « Le Aznavour américon » ?
Placé comme ça ; les mots ont un sens, la syntaxe en produit également ; cela érige les icônes yankee en modèles, en références absolues, comme si sept milliards de personnes sur le globe devaient s'aligner sur le mode de pensée d’une petite partie de sa population.
Et ils y réussissent, à se poser en référence, ils réussissent grâce à un appareil de propagande sans égal, d'une efficacité sans précédent et insidieux comme jamais.
Et moi je fulmine !

J'ai noté pas mal de trucs lors de mon hospitalisation de 2018. Certains sont terrifiants :

29 octobre, j'apprends que les manuels scolaires vont bannir le mot et le concept de chômage.
Je ne trouve de trace de cela que sur cette page.
Ce qui est invisible ne peut inquiéter...

Le 11 juillet 2018 sur France2, une chronique de film qui se termine par cette sentence : « C'est très bizarre, mais c'est très très bien ».
« C’est » était là utilisé pour désigner le long métrage, pas pour une généralité. Il est vrai que dire « Le film est bizarre » est une incongruité toute télévisuelle.
Ceci posé, ce qui me frappe c’est cette causalité assénée comme une loi divine. Ce qui est « bizarre » n’est pas « bien » puisque la phrase le sous-entend avec l’utilisation du « mais ».
Bizarre = mauvais.
Singulier = pas bon.
Original = pas bien.
Je comprends mieux pourquoi l’immense majorité des grosses ventes culturelles abolit toute surprise. Un film « bien » ne doit pas être « bizarre », le bizarre est ennuyeux, la routine est réjouissante.
Dans quel monde ai-je atterri ?

D’après Greenpeace, « Le train de vie de l'équipe de foot du Real Madrid = 10 000 terrains de foot ».
Oui, mais ils gagnent, me semble-t-il, les amateurs sont ravis et ça vaut bien un pillage de planète quand même.

17 novembre 2018, tévé, sondage : 62% des français interrogés affirment que « Le gouvernement doit donner la priorité au pouvoir d'achat face à la transition écologique » !

Merci les gilets jaunes…

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