Août 2016, la tempête est sur moi, malgré le tonnerre formidable et les éclairs aveuglants, en dépit de toutes les évidences, quelque chose quelque part en moi (qui porte le nom de connerie) me pousse à croire que le ciel va se dégager et la vie reprendre un cours agréable...

Mais je m'égare.

Août 2016, donc, je trouve un catalogue (jamais sollicité, bien entendu) de 412 grammes de papier glacé dans ma boîte à lettres. Des dizaines de pages gavées de photos de meubles et accessoires. Un catalogue déposé là par nos amis suédois qui clament leur grand respect de l'environnement.

Une pensée me vient à l'esprit : si on veut bien considérer que les personnes atteintes de trouble psychiatrique sont placées en institut spécialisé lorsque leur comportement est jugé dangereux pour autrui, n'est-il pas grand temps d'interner les responsables schizophréniques de cette entreprise de destruction massive ?
Est-il nécessaire d'énumérer les dégâts commis lors de la production de pâte à papier ?
Si les livres restent vitaux, peut-être est-il temps de se poser la question de l'utilité de ces merdes qui polluent l'environnement et les têtes de sept milliards de personnes ?

26 août 2016
Un nouvel épisode de cette série que les sociétés du CAC40 n’enlèveront jamais du petit écran.
Un personnage féminin rentre des courses, elle rejoint ses colocataires, un père et sa fille adolescente. Elle dépose les paniers sur la table, ils discutent quelques secondes et, au moment de ranger les victuailles, elle se tourne vers la jeune fille pour lui dire : « tu m'aides ? »
J’ajouterais bien plusieurs points d’exclamation si la bienséance ne me dictait de m’en abstenir pour cause de viol des règles les plus élémentaires de typographie.

Je me contente de me demander : et le mâle ?
L’homme ne peut pas, lui si puissant, si viril, aider à ranger les denrées ?

La violence symbolique que Pierre Bourdieu a analysée en son temps n’est pas un vain mot : la femme est un être de tâches domestiques, l'homme ne s'abaisse pas à ça !
Et les médias relaient ce discours sans même s’en rendre compte, au pire pour que le lecteur, l’auditeur, le téléspectateur se sente en terrain familier… Pitoyable !

Même épisode : deux femmes discutent des exactions d'un couple « de riches » : « ils sont pervers ». Suit l’énoncé de quelques faits totalement dénués de perversion mais véniels dans la société française.
En d’autres termes, le couple est un couple d'enflures sans nom mais dont les exactions relèvent de l’exploit si on s’en tient au discours ambiant puisqu’ils gagnent énormément d’argent.
La femme (qui fait des ménages, famille pauvre, père ex-syndicaliste, etc. – la famille modeste du moment dans la série) ajoute :
- Ils doutent de rien ces gens (sous-entendu « les riches », cible coutumière du personnage), ils osent tout, ils pensent que tout leur est dû, tout permis… et puis, pire, c'est qu'ils auraient tort de se priver !

Moralité de notre petite histoire qui peut passer pour du courage prolétaire : quand tu peux t’enrichir au détriment des autres, tu dois le faire car tu aurais tort de te priver.
Je me suis souvent posé la question de la disparition de vraie revendication ouvrière dans ce pays (1) ; c’est quand j’ai croisé cette interrogation avec l’évidence de la réalité capitaliste et son discours auto-légitimé que j’ai compris que les gens étaient des victimes, pas seulement des idiots.

(1) Je ne parle pas là des efforts des syndicats, voire des groupuscules anarchistes, pour bloquer les lois iniques des gouvernements successifs de notre beau pays, mais du monde ouvrier lui-même.

Octobre 2016.
Parce qu'il faut savoir s'amuser entre les périodes de farniente, je suis l'heureux propriétaire (1) d'un compte client sur une plateforme de jeux vidéo. Et sur ce compte, en plus de me laisser perdre mon temps à faire joujou, il m'est surtout donné d'être la proie de la publicité la plus éminemment influente. Je dois dire que les vidéos qui promeuvent les jeux de combat sont les plus croustillantes. Justement, en octobre 2016 - alors que mes visites au poulailler sont fréquentes et empreintes d'espoir - une de ces vidéos m'a imposé une phrase qui va plus loin que la portée qu'on lui donne : « Every one of us has an appetite for destruction ».

Souvenons-nous que les jeux vidéo développent la dextérité et la vivacité d'esprit des têtes blondes du monde entier... Les gens qui prétendent que la violence appellent la violence oublient que certaines paroles légitiment cet état de fait.

(1) Substantif complètement impropre en l'occurrence puisque je ne possède rien que le droit d'enrichir les gérants de cette société d'abrutissement (de mon) mental.

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