image décoCette image qui me fait bien rire me fait penser aux déboires que je subis depuis presque trente ans.
Ah, les livraisons...

Colissimo, c'est du pipi de chaton à côté des rois de la désinvolture que sont...

Le dernier colis que Chronopost m'a... livré, le gars l'a balancé dans le jardin (grillage autour, je ne peux pas descendre dans ledit jardin en fauteuil roulant) sans même passer par les boîtes à lettres - livraison notée « livré en mains propres » ! Colis fragile ? Balec !
C'était le dernier parce que, depuis, je me passe de leurs... services.
J'ai posé plusieurs réclamations (pour autant de livraisons aberrantes), chaque fois, on m'a répondu « que voulez-vous qu'on y fasse ? »(1) - question : à quoi servent les réclamations ?

Champions du monde de l'exercice : les gars de GLS qui :
ne sonnent jamais, laissent les colis n'importe où (sur ou sous le bloc de boîtes à lettres ou dans l'escalier), appellent en bas de l'immeuble pour qu'on descende récupérer le colis (pour une livraison « à domicile », je ne me souvenais pas que je créchais sur le trottoir) ; le tout en balançant un avis de passage « Vous êtiez absent » vite griffoné.
... et, depuis 2013, la porte de mon appartement est située en face des boîtes à lettres, c'est-à-dire que le gars a un pas à faire pour sonner chez moi et faire son boulot plutôt que perdre le temps de tout le monde avec un avis de passage...
Eux, c'est pareil, je les évite depuis des années.

(1) Anecdote : même réponse que les deux réclamation faites à... Colissimo et Darty suite à des livraisons catastrophiques. Estonisch, nein ?

NB : voui, vous venez de lire un nouveau torchon du gars qui parvient à faire grincer des dents avec une image humoristique. AHAHAHAHAH je suis un pervers négativiste, l'harlequin de la mauvaise humeur, le Frédéric Chopin(ou ?) de la tronche en biais !

Je pratique le monde de la santé bien malgré moi depuis plus de 26 ans et je suis choqué continuellement. Parce que j'écoute, je regarde et j'essaie de mettre deux-trois synapses à contribution.
Et là, j'ai envie de vous livrer une anecdote qui, hélas, pourrait s'accompagner de beaucoup d'autres. Pourquoi celle-ci ? Vous allez vite comprendre (je vous la fais scolaire pour vous éviter la migraine) :

CHAPITRE 1, l'anamnèse
Pour conduire ma poubelle (un véhicule à quatre roues(1) et moteur thermique) je dois glisser un coussin de gel sous mes fesses.
Sans ce coussin, je m'esquinte la peau des fesses.
Quand mes fesses sont esquintées, je dois être admis dans un service spécialisé dont le coup journalier de la chambre est de plus de mille euros.
Quand mes fesses sont esquintées de cette façon, la durée de l'hospitalisation est, en moyenne, de trois semaines.
Trois semaines = 21 jours x 1000 = 21 000 euros.
21 000 euros pour un truc bénin mais qui nécessite du personnel et du savoir-faire en plus de certaines infrastructures qu'on ne trouve que dans ces services.
Chose qui m'est arrivé une fois pour je ne sais plus quelle raison. Je n'avais pas mon coussin, j'ai conduit 10-15 minutes, j'ai passé un mois à l'hosto, à plus de 1000 euros la journée.(2)

CHAPITRE 2, la rigolade
Le coussin-gel dont je parle était remboursé intégralement par la Sécu pour une somme proche de 150 euros il y a encore quelques années.
Depuis qu'il est déremboursé, il me coûte 60 euros.

Remboursé 150.
Pas remboursé 60.
À qui profite le crime ?
Après ça, pourquoi ne pas dézinguer l'hôpital ?

(1) putain, comme c'est moche quatre roues ; alors qu'il suffit d'en enlever deux, poser un guidon, appeler ça une motocyclette et la vie est belle !
(2) cette partie est anecdotique, ce qui importe c'est l'utilité du coussin. J'aurais pu la faire courte mais ce n'est pas dans mes attributions, alors je loghorre.

Depuis hier (avant-hier ?), j’entends ici et là mais surtout là ; par ici on ne prononce pas ce genre de mot ; des gugusses (quatre ans d’étude) commenter les paroles de cet homme politique qui ne s’habille pas chez les tailleurs italiens de la capitale. Cet homme politique a dit « Ce sont des barbares. Soyez prudents, parce qu'ils ne s'arrêtent plus maintenant » en parlant des forces de police qui matraquent les manifestants depuis des mois.
Et on réclame des excuses, et on fait son procès et les forces de l’ordre en question se sentent humiliées, etc.

Barbare selon l'Académie.

Étant donné que le gazier à veste sans cravate a dit « Soyez prudents », il est légitime de penser qu’il faisait allusion à la définition 4 du terme :
4. Cruel, inhumain ; qui montre une impitoyable férocité. Un conquérant barbare. Des soldats barbares. Par méton. Une coutume barbare. Un spectacle barbare. Subst. N'attendez d'eux aucune pitié, ce sont des barbares.

Est-ce une insulte de dire à quelqu’un qu’il est cruel ou inhumain ? Non, c’est une façon de l’édifier, lui faire prendre conscience de l’inadéquation de son comportement vis-à-vis de la morale, de la loi.
Et puis, il suffit de regarder quelques vidéos d’affrontement entre les mecs-à-gilets-jaunes et les mecs-à-casques-noirs depuis le mois de novembre 2018 pour s’apercevoir que les qualificatifs cruel et inhumain ne sont pas usurpés.

Comme nous sommes sur une agora égotiste, j’ajoute une anecdote malheureusement véridique.
Il y a… pfiouuu, j’avais 18 ou 19 ans, c’est vous dire si les téléphones avaient des cadrans à l’époque. Il y a une bande d’années, donc, je fus pris la main dans le sac avec deux camarades de jeu débile en train de peinturlurer(1) la grille d’entrée de mon lycée.
Vers 2h du matin. Dans une des premières communes en France équipées de caméras de surveillance, c’est vous dire si nous étions naïfs.
Première constatation : nous fumes tirés et poussés en direction du poste de police municipale sans ménagement, à la limite du coup de pied au cul. Bon, ça, passe encore, j’avais les cheveux très longs à l’époque, je veux bien croire qu’ils m’aient confondu avec une bête féroce voire une tarasque ou un yéti. Bête féroce c’est coup de pied au cul, direct, on est d’accord.
Poussés à grands coups de paume de la main dans l’épaule, nous fumes… guidés dans une salle pleine de képis et d’uniformes. En passant, l’un d’entre eux se crut autorisé à traiter nos mères de femmes de petite vertu à rémunération directe. Bon, ça, passe encore, je veux bien croire que les mots avaient dépassé la pensée de l’auteur de cette phrase, il n’est pas demandé de QI supérieur à celui de l’allume-cigare de 4L(2) pour devenir volaille municipale.
Ce que je ne pourrais retranscrire ni décrire ici, ce sont les regards et les paroles de haine que nous subîmes. Je ne vous parle pas de l’haleine fétide et des postillons du coq en chef qui m’intima en hurlant de lui procurer les clefs de la voiture avec laquelle nous étions arrivés en ville (comme dans la chanson ?) ; ce qui est intéressant, c’est que je lui répondis qu’un véhicule était le prolongement du domicile et que, donc, c’était une propriété privée (sous-entendu, il n’était pas autorisé à y pénétrer, chose qu’il projetait de faire, sûrement pour confisquer les explosifs que nous y avions habilement dissimulés). Bien mal m’en prit puisqu’il me colla une gifle qu’on peut qualifier de rageuse. Mes lunettes(3) volèrent sur plusieurs mètres et ma dignité en mille morceaux.
Oh, j’oubliais, depuis le début de l’interpellation, nous ne fumes que tutoyés. Je tu il nous ils. Vous est en voyage d’affaires…
Nous fumes convoqués le lendemain matin, il restait trois heures à tuer que nous passâmes dans un café pour y ingurgiter… des cafés. Convoqués pour être interrogés.

Vous avez déjà vu un flim policier de type hollywoodien ? Bèh, pareil.
Les gars qui mâchent un chwing, qui tutoient les gens qu’ils voient pour la première fois, qui vous regardent comme si vous aviez les mots « J’ai grandi dans le Bronx, mofo ! » tatoués sur le front, etc.
Et puis le fameux… interrogatoire.
Les gars ont passé la matinée à tenter de nous faire avouer que nous étions ce gang de dangereux criminels qui peignaient des inscriptions à la bombe de peinture sur les murs de la ville depuis quelques années. En commençant par nous interroger séparément, comme Al et Pacino, pas dans la même pièce.
J’ai eu droit aux suppositions les plus méprisantes, les méthodes les plus risibles – le confrère qui fait irruption dans la salle en s’écriant « C’est bon, les autres ont avoué ! » – et les intimidations les plus terrifiantes : « tu sais ce que tu risques ? » (sans suite, comme si j’allais m’imaginer entre les murs d’Alcatraz jusqu’à la fin de mes jours).

Alors, oui, pour ma mère et pour cette gifle injustifiée, si ce n’est par une ancienne et vilaine frustration personnelle que j’attribuerais à l’incapacité chronique d’aimer voire de maintenir une érection au-delà de la première mi-temps des matchs, oui vous êtes des barbares, messieurs.
Pour les coups de matraque sur des gens désarmés et oppressés en 2018 et 2019, oui vous êtes des barbares, messieurs.
Et si, comme je l’ai dit à ce pauvre bougre qui essaya, en vain, de me faire sentir coupable d’avoir posé un peu de peinture sur une grille il y a pfiouuu… « pourquoi tu(4) n’as pas fait un boulot honnête plutôt que flic ? ».

(1) Un mot unique.
(2) Quelque chose me dit que ce modèle de caisse n’existe plus…
(3) Eh oui, je porte des binocles depuis pfiouuu, l’âge de 16 ans, c’est vous dire si les disques étaient en vinyle à l’époque.
(4) quand on me tutoie, je tutoie.

J'étais tranquille, j'étais peinard, je me démenais avec mon histoire de mariage pour Casus Belli et ma messagerie m'annonce que j'ai une nouvelle vente sur le site d'occase qui s'enrichit brutalement sur le dos des acheteurs et à l'intérieur de l'ampoule rectale des vendeurs, mais bref, on n’est pas là pour parler de voleurs !

« Une nouvelle vente ! » m’écriai-je en plusieurs langues à la fois car je suis polyglotte et même pas ça me démange.

Une nouvelle vente, c’est sympa, ça permet de rendre un acheteur joyeux et, parfois, de faire de chouettes rencontres.

J’ouvre ma messagerie… Non, je déconne, elle est ouverte toute la journée, j’attends des nouvelles de Mars. J’ouvre ma messagerie et là, sous mes yeux fatigués de passer trop de temps devant l’écran de mon ordinateur, lui-même fatigué de ma présence dans son périmètre, je vois le message suivant :

CD Album

Nothing Short Of Total War

8,00 Euros

Ce qui n’est pas un message, nous sommes d’accord mais nous n’en sommes plus à communiquer au XXI° siècle ma pauvre dame, aujourd’hui on lapide des infos.

Et voilà, mon CD – outre-mythique – de Blast First va disparaître ce soir. Je vais attendre l’heure de l’apéro pour cogner chez ma voisine et lui demander de poster le paquet demain matin. Dans 24 heures, il sera en route pour Paris, ville de résidence de l’acheteur.

Le fameux CD à une seule piste et dix-neuf morceaux grâce auquel j’ai découvert la tête de David, le Gros Black, le Violeur, la Bande à Suzanne et les Surfeurs de Trou du Cul…

Comme dirait Alain Giresse ou Richard Boringer, je sais plus : je nostalge…

Et je retourne à mon scénario… Avec David.

Dimanche 24 mars 2019, actualités :
M. Macron vend 180 avions de ligne à la Chine. C'est vrai que l'espèce humaine a besoin de plus de vols d'avions à réaction pour sa survie, on l'oublie un peu vite. Et puis, M. Macron se pose en chef de file de la « transition écologique », c'est donc très positif tout ça.
Transition entre étouffement et suffocation ?

Et ce n'est sûrement pas fini, ce soir ils dînent ensemble... dans une pizzeria, probablement

Matin.
Désorienté.
Petit déjeuner.
Tévé. Série française.
Dialogue :
« ... ça serait confusant pour lui. »
Auteur(s) français.
Acteurs français.
Producteurs français.
Écho douloureux.
« ... ça serait confusant pour lui. »
« ... ça serait confusant pour lui. »
« ... ça serait confusant pour lui. »
La médiocrité devient un art de vivre qui s’affiche et contamine…

Il y a quelques minutes, sur France Info TV, dans le texte retranscrit qui accompagne un sujet : le Kanaka est « un met traditionnel ».
C'est mignon. C'est touchant, un cerveau d'enfant pas encore scolarisé dans un corps d'adulte.
NB : journaliste, subst., individu qui fait quatre ans d'études et qui écrit toute la journée.
NB2 : les cibles les plus faciles sont les plus juteuses, je dois le reconnaître.

Je suis l’heureux possesseur d’un compteur Linky. Ma vie n’a désormais plus de secret pour personne, tout ça pour gratuit, pas un rouble, je n’ai même pas eu à sucer un directeur de casting !
Bon, il a fallu en passer par trois années de courriers ignorés pour me faire appeler il y a moins de deux mois par une… personne de sexe probablement féminin – je me fie à la tessiture des sons grossiers qu’elle a émis à l’autre bout du fil pour arriver à cette semi-affirmation. Un appel dont le contenu et la forme renvoyèrent à tout ce que l’être humain peut produire en fiel et en mal-être contenus trop longtemps.
Bref !
Un machin m’a donc appelé pour me signaler que je ne pouvais plus refuser et que, si je le faisais, mon nom s’alignerait bientôt sur une liste de pestiférés à qui on aura tôt fait d’imposer l’installation de ce merveilleux compteur électrique. J’ai donc accepté. Oui, je suis un peu con sur les bords, ça m’arrive ; alors j’ai accepté. Après tout, nul n’est tenu à l’héroïsme quand on sait que l’humanité ne travaille qu’à son extinction. Et puis, comme tout le monde, je me couche devant des méthodes totalitaires aussi bien rodées.
Sérieux ? ça force le respect, c’est de l’art à ce niveau-là.
Un courrier plus tard, le rendez-vous fut fixé au 12 juillet, c’est inscrit sur le feuillet. Je veux dire… entre 8h et 20h. Parce que nous le savons tous, nous sommes tous dépourvus de vie au point de rester chez nous pour permettre à un technicien docile de poser un compteur (dispensable puisque les précédents étaient parfaits) de merde dans nos logements.
J’ai appelé la société partenaire… qui n’a jamais répondu, j’ai rappelé énédis qui m’a corrigé : le rendez-vous aurait lieu le 15. C’est marrant comme quoi un 15 peut ressembler à s’y méprendre à un 12 selon l’angle duquel on le regarde. Chez énédis 12 = 15 ; pas chez moi, sûrement parce que je porte des lunettes. Mes parents sont de fieffés coquins de m’avoir conçu avec un défaut génétique pareil.
Et puis vendredi dernier, le 05, coup de fil d’énédis : « nous vous rappelons au sujet de votre rendez-vous de demain, vous devez être présent ». Toute les recommandations que j’avais longuement argumentées au téléphone étaient passées à la trappe… avec la date de rendez-vous fixée depuis… pfiou ! Très longtemps, au moins une semaine.
Rappel chez énédis, ah bèh non, rien n’a changé, c’est toujours le 15, entre 15 et 17h (vous savez combien de fois j’ai dû expliquer ma vie pour obtenir un créneau horaire aussi riquiqui ?).
Je trouve que les gens de énédis sont d’astucieux filous aux méthodes affûtées. Prendre les gens pour des cons est une activité salement répandue depuis l’avènement du kapitalisme, je trouve-je.

Eh bien voilà, c’est fait, un compteur énédis renseigne un être docile de plus posté devant un écran de contrôle et va vite voir que je suis en train de faire tourner une machine à laver à 15:52, ce 15 juillet 2019.

Je crois que ce que j’ai trouvé de plus pathétique dans tout ça, c’est le technicien, débonnaire et inimpliqué au possible, qui s’est senti obligé de me faire subir sa litanie apprise (perçoit-il un euro à chaque fois ?).
« Il existe une appli très pratique que vous pouvez télécharger sur CUL.fr…
- Je n’ai pas de téléphone portable.
- Une appli grâce à laquelle vous pouvez connaître votre consommation heure par heure, ça peut être très pratique de savoir qu’on a consommé 6 euros tel jour alors que d’habitude on consomme 4 euros »
À un moment donné (j’étais entre l’hilarité réfrénée et le sarcasme dans les starting-block), il a ajouté « c’est vrai », comme si cela assurait une preuve scientifique à ses assertions.

Cette notule est naze (écrite en vitesse), on est d’accord, c’était juste pour dire un truc. Autrement, j’aurais pu dire… « truc », c’est vrai.
Allez, je me casse, je reviendrai une ultime fois pour vous dire « bon voyage ».
Bise,
Totophe

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