Il y a quelques minutes, sur France Info TV, dans le texte retranscrit qui accompagne un sujet : le Kanaka est « un met traditionnel ».
C'est mignon. C'est touchant, un cerveau d'enfant pas encore scolarisé dans un corps d'adulte.
NB : journaliste, subst., individu qui fait quatre ans d'études et qui écrit toute la journée.
NB2 : les cibles les plus faciles sont les plus juteuses, je dois le reconnaître.

Je suis l’heureux possesseur d’un compteur Linky. Ma vie n’a désormais plus de secret pour personne, tout ça pour gratuit, pas un rouble, je n’ai même pas eu à sucer un directeur de casting !
Bon, il a fallu en passer par trois années de courriers ignorés pour me faire appeler il y a moins de deux mois par une… personne de sexe probablement féminin – je me fie à la tessiture des sons grossiers qu’elle a émis à l’autre bout du fil pour arriver à cette semi-affirmation. Un appel dont le contenu et la forme renvoyèrent à tout ce que l’être humain peut produire en fiel et en mal-être contenus trop longtemps.
Bref !
Un machin m’a donc appelé pour me signaler que je ne pouvais plus refuser et que, si je le faisais, mon nom s’alignerait bientôt sur une liste de pestiférés à qui on aura tôt fait d’imposer l’installation de ce merveilleux compteur électrique. J’ai donc accepté. Oui, je suis un peu con sur les bords, ça m’arrive ; alors j’ai accepté. Après tout, nul n’est tenu à l’héroïsme quand on sait que l’humanité ne travaille qu’à son extinction. Et puis, comme tout le monde, je me couche devant des méthodes totalitaires aussi bien rodées.
Sérieux ? ça force le respect, c’est de l’art à ce niveau-là.
Un courrier plus tard, le rendez-vous fut fixé au 12 juillet, c’est inscrit sur le feuillet. Je veux dire… entre 8h et 20h. Parce que nous le savons tous, nous sommes tous dépourvus de vie au point de rester chez nous pour permettre à un technicien docile de poser un compteur (dispensable puisque les précédents étaient parfaits) de merde dans nos logements.
J’ai appelé la société partenaire… qui n’a jamais répondu, j’ai rappelé énédis qui m’a corrigé : le rendez-vous aurait lieu le 15. C’est marrant comme quoi un 15 peut ressembler à s’y méprendre à un 12 selon l’angle duquel on le regarde. Chez énédis 12 = 15 ; pas chez moi, sûrement parce que je porte des lunettes. Mes parents sont de fieffés coquins de m’avoir conçu avec un défaut génétique pareil.
Et puis vendredi dernier, le 05, coup de fil d’énédis : « nous vous rappelons au sujet de votre rendez-vous de demain, vous devez être présent ». Toute les recommandations que j’avais longuement argumentées au téléphone étaient passées à la trappe… avec la date de rendez-vous fixée depuis… pfiou ! Très longtemps, au moins une semaine.
Rappel chez énédis, ah bèh non, rien n’a changé, c’est toujours le 15, entre 15 et 17h (vous savez combien de fois j’ai dû expliquer ma vie pour obtenir un créneau horaire aussi riquiqui ?).
Je trouve que les gens de énédis sont d’astucieux filous aux méthodes affûtées. Prendre les gens pour des cons est une activité salement répandue depuis l’avènement du kapitalisme, je trouve-je.

Eh bien voilà, c’est fait, un compteur énédis renseigne un être docile de plus posté devant un écran de contrôle et va vite voir que je suis en train de faire tourner une machine à laver à 15:52, ce 15 juillet 2019.

Je crois que ce que j’ai trouvé de plus pathétique dans tout ça, c’est le technicien, débonnaire et inimpliqué au possible, qui s’est senti obligé de me faire subir sa litanie apprise (perçoit-il un euro à chaque fois ?).
« Il existe une appli très pratique que vous pouvez télécharger sur CUL.fr…
- Je n’ai pas de téléphone portable.
- Une appli grâce à laquelle vous pouvez connaître votre consommation heure par heure, ça peut être très pratique de savoir qu’on a consommé 6 euros tel jour alors que d’habitude on consomme 4 euros »
À un moment donné (j’étais entre l’hilarité réfrénée et le sarcasme dans les starting-block), il a ajouté « c’est vrai », comme si cela assurait une preuve scientifique à ses assertions.

Cette notule est naze (écrite en vitesse), on est d’accord, c’était juste pour dire un truc. Autrement, j’aurais pu dire… « truc », c’est vrai.
Allez, je me casse, je reviendrai une ultime fois pour vous dire « bon voyage ».
Bise,
Totophe

Joomla templates by a4joomla