Depuis des années, éberlué par bien des choses du quotidien, je les note. Sur des bouts de papier ou sur des coins de fichiers informatiques, au débotté. Parfois, le support se perd, parfois j'oublie le détail qui rendra la notule crédible ou bien je n'arrive pas à en faire ressortir l'absurdité. Celles qui suivent sont des rescapées et beaucoup sont anciennes.

Il existe une nuance entre les notules ici présentes et celles de la catégorie Colère ou Bédole ; puisque les trois catégories proviennent de l'observation de mon quotidien ; il s'agit du ton. Celles qui se dévoilent sous le titre Quotidien sont plus légères que les autres, prêtent plus à sourire, même s'il arrive que le sourire soit jaune...

Une gourde lors de l'élection de miss France 2019 : « Comme vous pouvez le remarquer, ici les classes sociales n'existent plus. »
Ayons une pensée émue pour ces créatures définitivement solubles dans l'eau de pluie qui n'ouvriront jamais un livre de sciences humaines de leur vie, continueront à regarder le JT de 13h de TF1 ou le télé achat pour s'informer.
Gloire à la virginité mentale !

Deux décembre 2018, je sors d'un sommeil douloureux, j'allume la tévé en un geste pavlovien suicidaire. Toujours le même, avec le pouce.
Le père Noël et sa hotte pleine de saletés poursuit son chemin dans les plaines enneigées tandis qu'en France, petit pays qui résiste à... rien du tout ; en France, disais-je, une ribambelle d'écervelés qui a subrepticement investi les rangs d'une ribambelle d'illuminés se défoule sur le mobilier urbain (policiers inclus) dans les beaux quartiers de la ville de Paname.
Et là, malgré l'acoufène, malgré le désir de profiter d'un peu du repos supplémentaire, malgré la vie (le café) qui m'appelle, je ne peux m'empêcher de l'entendre. Qui ? Le journaliste illettré qui dit « les quartiers zuppés de Paris ».
Je ne connais que trois personnes qui n'aspirent pas les H : Nabilla (qui aspire autre chose), Ken (qui aspire à trouver sa blonde parfaite) et ce journaliste (qui n'aspire rien, donc). Et il se trouve que l'un d'entre eux a fréquenté l'école.

Pendant que, comme chaque matin, au réveil, depuis la fin de l'été 1993, je pratique un sondage vésical de façon totalement machinale...

La digression élève l'homme...

Je n'ai pas souvenir de la date de mon premier autosondage vésical, mais je le situerais à la fin du mois d'août 1993, de façon grossièrement louchée (à la louche).
Cela fait 9224 jours jusqu'à cette date du 02 décembre 2018.
9224 réveils passés à enfoncer une sonde dans le méat de ma verge, jusqu'à la vessie.
Ah, ça en fait de beaux souvenirs embrumés, pour moi et pour les inconscientes qui ont décidé un jour de passer au moins la nuit précédente avec ma personne.

Tiens, il faudra que je calcule quelques statistiques de cet acabit, un jour, bientôt...

Ah, le handicap, c'est beau !

Pendant que, comme chaque matin, au réveil, depuis la fin de l'été 1993, je pratique un sondage vésical de façon totalement machinale, donc.
Pendant que la sonde progresse dans mes entrailles, le journaliste des quartiers zuppés nous rappelle que les illuminés souhaitent, par leur présence dans la capitale et avec un gilet jaune sur les épaules, principalement deux choses :
1. Une hausse de leur pouvoir d'achat,
2. Un rétablissement de l'ISF.

C'est-à-dire :

1. Le droit de rapprocher un peu plus l'humanité de son extinction ; consommer, c'est produire et produire c'est détruire,
2. Faire en sorte que les taxes touchent tout le monde comme eux-mêmes (revendication utopique et sotte très française).

Déjà éberlué par tant de bêtise - mais, malheureusement, pas surpris - je vois le président de la république française qui commente les événements de la veille au soir ci-contre décrits : « Aucune cause ne justifie que les forces de l'ordre soient attaquées ».
Certes, Emmanuel, les révolutions passées se sont toutes faites dans un calme olympien, comme dans une sieste bouddhiste, un rassemblement de chatons gavés de THC.

La cause des gilets jaunes est inepte, leurs revendications le produit même d'un formatage des esprits ; mais « une cause »... Sérieusement ?

Plus loin, il parle de « violence », mais parle-t-il de celles des états, des gouvernements ? des violences symboliques et réelles de sa politique ?
Peut-être n'a-t-il que des lectures orientées ? Ce qui la fout sacrément mal pour un président de république.
Il faudra lui rappeler que si elle est dite légitime et légitimée par l'état, la violence est toute entière accaparée par l'état.
C'est pas moi qui le dis, c'est Weber et il avait oublié de dire des conneries, contrairement à moi.

Quant à la violence symbolique, lire Pierre Bourdieu pourrait lui être d'un grand secours.

19 novembre 2018
Je m'affaire sur mon lit pour procéder à la mise de vêtements autour de mon corps ; je m'habille. Il est quelque chose comme dix heures. Le matin, la tévé diffuse toute sorte de choses insultantes pour l'esprit. Et je m'en régale.
Sur une chaîne prompte à cracher des programmes dits de téléréalité, je tombe (bien bas) sur un sujet qui me laisse sans voix. Intitulé « Ken recherche sa blonde parfaite », il y est question d'un jeune homme...

La digression élève l'homme...

Se prénomme-t-il Ken ou est-il fait là référence à la figurine de plastique qui accompagne Barbie dans ses aventures palpitantes ? Je ne le saurai jamais et la frustration étreint mon cœur à cette seule constatation !

Or donc, le jeune homme qui a l'air aussi éveillé qu'une palourde au volant d'une voiture électrique, est amené à participer à une expérience fort intéressante : les yeux bandés, il doit faire la connaissance de quatre jeunes femmes. Le commentaire nous apprend que Ken est à la recherche d'une compagne et que, jusqu'à ce que cette émission lui ouvre les yeux, il empétrait sa vie dans de vaines recherches dont les seuls critères étaient physiques. Seules la beauté et la blondeur avaient grâce à ses yeux.
Heureusement, la tévé est arrivée !
Et Ken, les yeux bandés, échange avec les quatre muses. Va-t-il enfin se rendre compte de ses errements ?

Petit florilège :

- « C'est quoi tes zobis ? »
Ayons un peu d'indulgence pour tous les ectoplasmes en cours de formation qui font des efforts pour honorer la langue française à l'oral. Mais n'oublions pas de leur rappeler que la langue recèle ausi des dangers. « Les haricots » ne se prononce pas « Lezaricots », par exemple. Rappelons-leur également que « hobby » est un mot étranger.
- « Aujourd'hui, j'ai vu quatre filles »
Bèh non, couillon, tu as déjà oublié que tu avais les yeux bandés ? Voir, c'est voir, il n'y a plus d'espoir.
Je n'ai relevé que ces deux-là, le reste ferait passer Kurt Cobain pour une lumière, mais il eut été vain de retranscrire ici tant de paroles inutiles.

L'horreur avait débuté vers 5 heures du matin parce qu'il m'arrive de me réveiller à des heures indues et pas très tardives, pour euphémiser un peu. Comme j'ai fait cette erreur obligée de mettre un écran de tévé en majesté dans la seule pièce de mon appartement riquiqui qui (ça fait trois qui, ça !) peut en accueillir une, j'ai parcouru les canaux désormais (faiblement) numériques pour assister à deux naufrages. En quelques minutes, il m'a été infligé la fin d'une vidéo de ce monsieur Beck qui fut un temps un compositeur fréquentable et qui s'adonne à la thésaurisation sans risque de la variété la plus commune. Verge d'ours ! ça en fait des mots pour dire que Beck fait de la soupe.
La vidéo suivante m'a tout autant pétrifié la sonde à plaisir. Dans un « clip » effrayant, j'ai pu confirmer que toute inspiration avait déserté les disques de la formation anglaise maintenant fort injustement nommée Muse. Le trio ayant abandonné l'ambition démesurée d'écrire des chansons se complait dans la livraison express de chansonettes sans saveur. Testicule de rat-taupe ! ça en fait des mots pour dire que Muse fait de la crotte.

C'est amusant...
J'utilise ces trois mots (variante : c'est marrant) assez souvent, même pour des sujets dramatiques ou supposés tristes. Ils ne signalent pas une hilarité ni un amusement, mais veulent marquer ma surprise devant un détail plus anodin encore qu'un éternuement d'homme politique. Mais ça m'amuse de le préciser...
C'est amusant, disais-je, j'ai étudié une science sociale, je continue de lire des philosophes et je suis friand d'aphorismes, pourtant j'ai trouvé la vérité de mon époque (1) dans une série télévisuelle américonne !
La série en question s'intitule True Blood.

La vérité, la voilà : « People just get what they want and leave ».

J’avais bien dit qu’il était question ici de soliloque...
Je suis si bon que je me sens bien d'écrire un article sur True blood !
Un de ces quatre…

(1) J'entends par là le résultat de mes observations (2). Ce qui représente une part infinitésimale de l'époque définie comme l'Histoire du monde qui m'entoure.
(2) J'observe ce(ux) qui m'entoure(nt) depuis mon accident de la route. Avant de m'enrouler autour d'un rail de sécurité, je me contentais de voir les gens. À l'heure où j'écris ces mots (17 août 2018), j'ai vu les gens et mon époque pendant 24 ans, 5 mois et 9 jours. J'ouvre les yeux depuis 25 ans, 4 mois et 2 jours.

03 juillet 2016, je viens de passer les trente-deux heures les plus douloureuses de ma vie. Sans en connaître la raison : hier matin, je me suis éveillé avec l'envie de hurler tellement ma main droite me faisait souffrir.
Un crétin droitier vous dirait que la douleur n'est qu'une information mais, défoncez la colonne vertébrale de ce même crétin en laissant tomber un carter de BMW R69S (ce n'est qu'un exemple) sur ses reins, privez-le de l'usage du bras gauche et plantez-lui des couteaux effilés dans la main droite (c'est bon, vous avez le tableau en tête ?) ; lâchez-le, au réveil, dans sa vie quotidienne et, maintenant, posez-lui la question de la douleur. Il y a fort à parier qu'il changera prestement d'avis quand il lui faudra tirer sur l'arête du matelas pour s'asseoir ; enfiler une sonde vésicale sur l'embout d'une poche pour simplement pisser ; grimper sur un fauteuil roulant imprévu pour la guerre ; nourrir le chat et préparer un petit-déjeuner puis se retrouver nu dans une salle de bains étroite hérissée de barres de maintien... auxquelles il va lui falloir s'arc-bouter pour chier et se laver.
C'est tout particulièrement agrippé à l'une de ces barres qu'il fera l'expérience du côté obscur de l'information qu'il croit innocente. La douleur est une information... que le corps interprète comme un ordre d'abdication. Le résultat est très facile à décrire : tout effort est interrompu, limité ou tué dans l'oeuf. Quand la main lâche, les fesses percutent la cuvette des toilettes ; quand la douleur traverse la paume de la main, c'est le dossier du fauteuil que le dos heurte ; quand un générateur électrique est soudain branché entre vos doigts, toute tentative pour s'asseoir échoue arrivée à 60% de son accomplissement ; que dire des situations pathétiques – en plus d'être dangereuses – dans lesquelles il se retrouvera alors qu'il ne réussit qu'à s'asseoir au bord de la baignoire (et pas sur le siège prévu à cet effet), qu'il échoue à soulever ses jambes pour les laver ou qu'il finit à demi-allongé (enfin à demi-propre) sur son fauteuil, un pied sur un cale-pied, l'autre encore au fond du tube ?

« La digression élève le discours » (c'est de moi, ça me rassure).
Je disais que je vivais les trente-deux heures (trente minutes de plus depuis le début de ce texte) les plus douloureuses de ma vie. Procédé rhétorique, bien sûr.

« La digression élève le discours. »
Procédé rhétorique, puisque chacun sait que tout est toujours plus aigu au moment où on le vit. Le passé n'est qu'un amas de souvenirs pas bien vivaces. J'ai probablement ressenti une douleur plus vive encore le jour où un anesthésiste a commis une erreur tandis que des orthopédistes (c'est-à-dire des mécaniciens déguisés en chirurgiens) fouraillaient dans mon bras. Ou, mieux encore, l'instant où mon corps a percuté le rail de sécurité ; juste avant que mon cerveau ne tire le rideau, il a dû être submergé par la douleur. Souvenirs, souvenirs...
Je vis donc les trente-deux heures les plus douloureuses de ma vie, puisque je vous le dis, suivez un peu !

Et, que fait-on un dimanche, sur la Côte d'azur, quand l'ardeur du soleil oblige les chats à quitter leur coussin pour s'étaler aux endroits les plus frais, et que l'on gémit de douleur au moindre mouvement ?
On va à la plage, oui, bien sûr mais je vais vous demander de suivre, une fois encore. Je suis paraplégique et que fait un paraplégique à la plage ? Il regarde les autres se baigner. (1)
Je suis donc resté chez moi. J'ai ouvert les fenêtres et j'ai jeté un œil dans ma bibliothèque virtuelle. Le silence régnait alors, le chat est allé se vautrer sur le banc à l'ombre et je suis resté sur mon fauteuil.

« La digression élève le discours. »
« … et je suis resté sur mon fauteuil. » Oui, c'est une blague, enfin, une blague du genre que vous ne pouvez pas comprendre parce que nous n'avons pas eu le loisir d'échanger nos expériences de la vie.
Je suis resté sur mon fauteuil parce qu'il n'existe que trois endroits où je pose mon auguste fessier : mon fauteuil (ça, on avait compris), mon lit (ça, c'est pour dormir ou faire l'amour) et le siège conducteur de mon cendrier.

« La digression élève le discours. »
Le substantif « cendrier » désigne ici un véhicule autopropulsé doté d'un moteur à explosion, généralement appelé voiture ; ou bagnole quand on ne sait pas bien se tenir. Il me vient – et me reste – de la période aussi heureuse que brève où je fus le béât (et imprudent, on peut le lire ailleurs) conducteur d'un véhicule autopropulsé doté d'un moteur à explosion et à deux roues seulement, contrairement au « cendrier » susdit qui en possède quatre.
Il fait référence à la boîte à mégots qu'on ne trouve que dans l'habitacle du seul des deux véhicules qui en possède un (d'habitacle). Forme de mépris larvé de la part des motards en direction des véhicules qu'ils jugent impies parce que différents de ceux qu'ils affectionnent.
Comme ça, maintenant, vous savez que, plutôt que serrer votre cendrier sur la droite lorsqu'une motocyclette remonte la file de voitures, il faut ouvrir la porte sous le nez du conducteur pour lui apprendre à vivre à ce con !

Je suis donc resté sur mon fauteuil et j'ai ouvert ma bibliothèque virtuelle pour ouvrir le fichier de Nouvelles sous ecstasy de Frédéric Beigbeder.
Mais, à la vue du nom de l'auteur, je me suis vite posé la question de savoir comment accorder le moindre crédit à un homme qui :
- a vécu dans un des quartiers les plus riches de paris ;
- dont la mère avait un nom à double particule (remariée à un baron) ;
- qui a d'abord fait Sciences Po. avant d'être diplômé en marketing ;
- a été marié trois fois ;
- est directeur de publication du magazine Lui.

Comment ? Me suis-je demandé avant d'entamer la lecture du recueil.
Un garçon qui est né avec une cuillère en or dans la bouche, qui a embrassé des études de bonimenteur puis de prestidigitateur, à qui on ne peut prêter aucune espèce de confiance et dont l'obsession sexuelle avouée n'est que phallocratie assumée ?
Comment ?
Je n'ai pas pu, mais j'ai lu. Et c'est la lecture qui a mis au jour d'autres raisons de discréditer le gugusse.
Gugusse qui prétend « être entré en littérature », tout de même.
Alors j’ai lu !

« T'as gobé ? T'as gobé ? Tagobétagobétagobé ? »
Comment peut-on débuter un texte de cette façon ? Sont-ce là les mots qui « entrent en littérature » ?

La centaine de pages qui a défilé devant mes yeux m’a fait penser à du Gavalda, l’apologiste rasoir du vide quotidien, qui clamerait une abondante et incontinente vanité de classe (bourgeoise, cela va de soi, on croise rarement des ouvriers non-qualifiés s’enorgueillir de leur vie besogneuse).
Monsieur Beigbeder prend de la drogue et prend soin de déconseiller son usage afin de s’assurer la publication de ses prises de notes. Monsieur Beigbeder fait bouger son zizi dans des vagins consentants. Monsieur Beigbeder fréquente des gens importants et beaux comme des représentations déifiées de la décadence. Monsieur Beigbeder voudrait nous faire croire que sa vie est celle dont nous rêvons tous. Monsieur Beigbeder ne réussit qu’une chose : démontrer que la fabrication du consentement est une réalité de notre monde. Que l’homme est un homme pour l’homme…

Oui, on dit « L’homme est un loup pour l’homme », mais si l’homme était réellement un loup pour l’homme, il serait fidèle, loyal, se comporterait en bonne intelligence avec ses congénères et le monde ne courrait pas à sa perte.

… que des minorités identifiées parviennent à maintenir des majorités consentantes – comme les vagins précédemment cités – dans un état larvaire de rêve éveillé pour pouvoir vivre le leur. Ce rêve que vit Monsieur Beigbeder avec ses excès, ses excentricités mais aussi son intelligence brillante (n’oublions pas qu’il est « entré en littérature »!) qu’il livre aux pauvres hères qu’on dit sans-dents, qui ne peuvent pas s’offrir de costume trois pièces, afin que Narcisse bande plus fort en regardant les chiffres des ventes de ses livres grimper avec l’intensité du fantasme ouvrier.
Sur cent pages. Un mec qui baise, qui gobe et qui jouit d’être né avec des privilèges. Puisque cet être de lumière artificielle a persisté dans l’exercice, on peut lui accorder d’être, stricto sensu, « entré en littérature ». Mais l’a-t-il fait en empruntant l’orifice le plus approprié ?

NB : arrivé au terme de ce billet, se pose la question de son rangement. Il pourrait tout aussi bien siéger au rayon « Chroniques » qu’à l’étage « Handicap », voire dans le hangar « Colère ». Par conséquent, je choisis la catégorie « Quotidien » ! Après tout, qui ça intéresse ces catégories ? L’important c’est de gober.

(1) si vous avez pensé que le handicap ne limitait pas ce genre d'activités, je ne saurais trop vous recommander de vous faire défoncer la colonne vertébrale en laissant tomber un carter de BMW R69S (ce n'est qu'un exemple) sur vos reins, oublier votre bras gauche au vestiaire de la vie et vous rendre sur la plage la plus proche... ou persister dans la lecture de mes billets.

Le quotidien étant déjà la chose la plus pénible à supporter dans l'existence, je demande le rétablissement de la peine de mort pour les fauteurs de nuisance et briseurs de sérénité suivants :

-- Les gens qui cornent les pages des livres plutôt qu'utiliser un marque-page.

-- Les infirmes qui saluent les infirmes comme s'il existait une solidarité du handicap.

-- Les personnes qui ponctuent leurs phrases de rires « obligés » et niais.

-- Toute personne qui persiste à prendre des bains plutôt que des douches.

-- Les gens qui portent des baskets et/ou un survêtement.

-- Les gorets qui n'ont pas un regard pour l'orthographe et la langue française.

-- Les pauvres hères qui roulent leurs crêpes plutôt que les plier en quatre.

-- Le pourri qui se permit un jour d'inventer la mémoire de reprise de lecture sur les lecteur CD/DVD et tous les primates qui en ont fait une norme impossible à éviter.

-- Tout automobiliste qui emprunte la mauvaise voie de circulation dans les ronds-points (c'est-à-dire 95% desdits connards). Un lien.

-- L'immondice prétendument humain qui inventa la téléprospection et les imbéciles qui travaillent dans les centres dédiés à cette activité hautement nocive.

-- Les encombrants qui répondent aux questions par d'autres questions.

-- Les chauffards qui gardent les phares de leur poubelle allumés sur autoroute.

-- Les élus qui laissent les autoroutes éclairées alors que, en plus d'être synonyme de consommation d'électricité, cela est vecteur d'accidents.

-- Les fils de cons dont le nom est un prénom. Ça, je supporte pas !

-- La mort par lapidation pour les pauvres ânes bâtés qui font fi des autocollants « stop pub » sur les boites à lettres.

-- Les impensables primates qui posent des questions ou qui commentent les films durant leur projection.

-- Toute personne mentalement désorganisée qui ne rabat pas le véhicule à moteur qui lui sert de faire-valoir sur la file de droite lorsque celle qu'il emprunte est dégagée.

Soir3, 25 octobre 2012. La présentatrice du journal, large sourire aux lèvres, s'exclame en introduisant le sujet sur le concert des Rolling Stones par « Des américains à Paris ». On peut supposer qu'elle a espéré que les spectateurs comprennent l'allusion au film « Un américain à Paris », film musical des années 50 mais c'était sans compter sur la nationalité des momies du Rock (et l'absence de culture des mêmes spectateurs). Personnellement, ce genre d'erreur – légion à la télévision – ne m'amuse guère car, Claude Ecken en convenait lors de l'entretien que nous avons eu tous les deux en avril dernier, elles sont la marque d'un dilettantisme révoltant. Toute l'année, les journalistes louent leurs mérites et ne sont pas fichus de vérifier leurs informations. Vérifier une information, pour un journaliste, c'est faire son métier. Le prendre à la légère, c'est abrutir les masses (qui en sont déjà un niveau d'inculture et d'ignorance crasses, je vous le rappelle).

02 août 2012, j'appelle le guichet de ma banque au sujet de l'envoi d'un chéquier et je suis confronté à ce qu'il est convenu d'appeler un primitif. Je passerai sur les intonations de la voix du jeune macaque, si désobligeante de désinvolture analphabète que j'ai pensé m'être trompé de numéro et avoir obtenu un poste direct au bureau de supporters le plus proche.
Le garçon ne m'a pas dit bonjour mais il a acquiescé à mes salutations par un borborygme impossible à identifier, même dans un collège marseillais. Lorsqu'il m'a fait patienter, c'est-à-dire trois fois, il a employé l'expression cinglante de savoir-faire professionnel : « deux secondes ! »
Durant la conversation, si on peut user d'un terme pareil en la circonstance, il a multiplié les « ouais » et les bruits de mammifère (j'ai identifié plusieurs râles bovins et de petites protestations aux accents porcins).
Il a répondu à côté de mes questions à deux reprises.
Enfin, certainement en guise de trophée virtuel pour son manque de savoir-vivre, il s'est abstenu de me saluer avant de raccrocher.
J'aimerais savoir où certaines banques recrutent leurs employés...

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