Depuis des années, éberlué par bien des choses du quotidien, je les note. Sur des bouts de papier ou sur des coins de fichiers informatiques, au débotté. Parfois, le support se perd, parfois j'oublie le détail qui rendra la notule crédible ou bien je n'arrive pas à en faire ressortir l'absurdité. Celles qui suivent sont des rescapées et beaucoup sont anciennes.

Il existe une nuance entre les notules ici présentes et celles de la catégorie Colère ou Bédole ; puisque les trois catégories proviennent de l'observation de mon quotidien ; il s'agit du ton. Celles qui se dévoilent sous le titre Quotidien sont plus légères que les autres, prêtent plus à sourire, même s'il arrive que le sourire soit jaune...

image d'un carton de manifestant disant :

S'il est rentré c'est qu'il est déjà entré.
Les gens continuent de penser que les mots n'ont pas de sens...

Il y a bien des années, de retour d'un ravitaillement au fameux et désormais célèbre supermarché du coin, en compagnie d'un ami, les flics nous arrêtent :
- Bonjour, vous avez les papiers du véhicule ?
- Oui, bien sur.
Et je demande à mon pote d'attraper mon sac à l'arrière, celui qui contient mon portefeuille. Pendant ce temps, le flic :
- Vous etes assuré ?
- Oui.
- Bon, ça va, vous avez la tête d'une personne honnête, vous pouvez y aller.

Veuillez noter que les valeurs morales se lisent sur les visages.

Elle voit un carton plein de livres :
- T'as acheté des livres ? T'en as pas assez ?
(ça ne vous rappelle pas une blague de blonde ?)

Une gourde lors de l'élection de miss France 2019 : « Comme vous pouvez le remarquer, ici les classes sociales n'existent plus. »
Ayons une pensée émue pour ces créatures définitivement solubles dans l'eau de pluie qui n'ouvriront jamais un livre de sciences humaines de leur vie, continueront de regarder le JT de 13h de TF1 ou le télé achat pour s'informer.
Gloire à la virginité mentale !

Un signal pour toutes les femmes de la planète :

Moins de 5% des mammifères terriens (je précise, au cas où on en découvrirait ailleurs dans les prochaines semaines) ont un comportement paternel (pour les moins entravants, cela signifie père qui s'occupe des bébés).
Femmes du monde entier, sachez que lorsque vous traiterez le père de vos enfants de « véritable animal », il ne pourra plus nier.

Deux décembre 2018, je sors d'un sommeil douloureux, j'allume la tévé en un geste pavlovien suicidaire. Toujours le même, avec le pouce.
Le père Noël et sa hotte pleine de saletés poursuit son chemin dans les plaines enneigées tandis qu'en France, petit pays qui résiste à... rien du tout ; en France, disais-je, une ribambelle d'écervelés qui a subrepticement investi les rangs d'une ribambelle d'illuminés se défoule sur le mobilier urbain (policiers inclus) dans les beaux quartiers de la ville de Paname.
Et là, malgré l'acoufène, malgré le désir de profiter d'un peu du repos supplémentaire, malgré la vie (le café) qui m'appelle, je ne peux m'empêcher de l'entendre. Qui ? Le journaliste illettré qui dit « les quartiers zuppés de Paris ».
Je ne connais que trois personnes qui n'aspirent pas les H : Nabilla (qui aspire autre chose), Ken (qui aspire à trouver sa blonde parfaite) et ce journaliste (qui n'aspire rien, donc). Et il se trouve que l'un d'entre eux a fréquenté l'école.

Pendant que, comme chaque matin, au réveil, depuis la fin de l'été 1993, je pratique un sondage vésical de façon totalement machinale...

La digression élève l'homme...

Je n'ai pas souvenir de la date de mon premier autosondage vésical, mais je le situerais à la fin du mois d'août 1993, de façon grossièrement louchée (à la louche).
Cela fait 9224 jours jusqu'à cette date du 02 décembre 2018.
9224 réveils passés à enfoncer une sonde dans le méat de ma verge, jusqu'à la vessie.
Ah, ça en fait de beaux souvenirs embrumés, pour moi et pour les inconscientes qui ont décidé un jour de passer au moins la nuit précédente avec ma personne.

Tiens, il faudra que je calcule quelques statistiques de cet acabit, un jour, bientôt...

Ah, le handicap, c'est beau !

Pendant que, comme chaque matin, au réveil, depuis la fin de l'été 1993, je pratique un sondage vésical de façon totalement machinale, donc.
Pendant que la sonde progresse dans mes entrailles, le journaliste des quartiers zuppés nous rappelle que les illuminés souhaitent, par leur présence dans la capitale et avec un gilet jaune sur les épaules, principalement deux choses :
1. Une hausse de leur pouvoir d'achat,
2. Un rétablissement de l'ISF.

C'est-à-dire :

1. Le droit de rapprocher un peu plus l'humanité de son extinction ; consommer, c'est produire et produire c'est détruire,
2. Faire en sorte que les taxes touchent tout le monde comme eux-mêmes (revendication utopique et sotte très française).

Déjà éberlué par tant de bêtise - mais, malheureusement, pas surpris - je vois le président de la république française qui commente les événements de la veille au soir ci-contre décrits : « Aucune cause ne justifie que les forces de l'ordre soient attaquées ».
Certes, Emmanuel, les révolutions passées se sont toutes faites dans un calme olympien, comme dans une sieste bouddhiste, un rassemblement de chatons gavés de THC.

La cause des gilets jaunes est inepte, leurs revendications le produit même d'un formatage des esprits ; mais « une cause »... Sérieusement ?

Plus loin, il parle de « violence », mais parle-t-il de celles des états, des gouvernements ? des violences symboliques et réelles de sa politique ?
Peut-être n'a-t-il que des lectures orientées ? Ce qui la fout sacrément mal pour un président de république.
Il faudra lui rappeler que si elle est dite légitime et légitimée par l'état, la violence est toute entière accaparée par l'état.
C'est pas moi qui le dis, c'est Weber et il avait oublié de dire des conneries, contrairement à moi.

Quant à la violence symbolique, lire Pierre Bourdieu pourrait lui être d'un grand secours.

19 novembre 2018
Je m'affaire sur mon lit pour procéder à la mise de vêtements autour de mon corps ; je m'habille. Il est quelque chose comme dix heures. Le matin, la tévé diffuse toute sorte de choses insultantes pour l'esprit. Et je m'en régale.
Sur une chaîne prompte à cracher des programmes dits de téléréalité, je tombe (bien bas) sur un sujet qui me laisse sans voix. Intitulé « Ken recherche sa blonde parfaite », il y est question d'un jeune homme...

La digression élève l'homme...

Se prénomme-t-il Ken ou est-il fait là référence à la figurine de plastique qui accompagne Barbie dans ses aventures palpitantes ? Je ne le saurai jamais et la frustration étreint mon cœur à cette seule constatation !

Or donc, le jeune homme qui a l'air aussi éveillé qu'une palourde au volant d'une voiture électrique, est amené à participer à une expérience fort intéressante : les yeux bandés, il doit faire la connaissance de quatre jeunes femmes. Le commentaire nous apprend que Ken est à la recherche d'une compagne et que, jusqu'à ce que cette émission lui ouvre les yeux, il empétrait sa vie dans de vaines recherches dont les seuls critères étaient physiques. Seules la beauté et la blondeur avaient grâce à ses yeux.
Heureusement, la tévé est arrivée !
Et Ken, les yeux bandés, échange avec les quatre muses. Va-t-il enfin se rendre compte de ses errements ?

Petit florilège :

- « C'est quoi tes zobis ? »
Ayons un peu d'indulgence pour tous les ectoplasmes en cours de formation qui font des efforts pour honorer la langue française à l'oral. Mais n'oublions pas de leur rappeler que la langue recèle ausi des dangers. « Les haricots » ne se prononce pas « Lezaricots », par exemple. Rappelons-leur également que « hobby » est un mot étranger.
- « Aujourd'hui, j'ai vu quatre filles »
Bèh non, couillon, tu as déjà oublié que tu avais les yeux bandés ? Voir, c'est voir, il n'y a plus d'espoir.
Je n'ai relevé que ces deux-là, le reste ferait passer Kurt Cobain pour une lumière, mais il eut été vain de retranscrire ici tant de paroles inutiles.

L'horreur avait débuté vers 5 heures du matin parce qu'il m'arrive de me réveiller à des heures indues et pas très tardives, pour euphémiser un peu. Comme j'ai fait cette erreur obligée de mettre un écran de tévé en majesté dans la seule pièce de mon appartement riquiqui qui (ça fait trois qui, ça !) peut en accueillir une, j'ai parcouru les canaux désormais (faiblement) numériques pour assister à deux naufrages. En quelques minutes, il m'a été infligé la fin d'une vidéo de ce monsieur Beck qui fut un temps un compositeur fréquentable et qui s'adonne à la thésaurisation sans risque de la variété la plus commune. Verge d'ours ! ça en fait des mots pour dire que Beck fait de la soupe.
La vidéo suivante m'a tout autant pétrifié la sonde à plaisir. Dans un « clip » effrayant, j'ai pu confirmer que toute inspiration avait déserté les disques de la formation anglaise maintenant fort injustement nommée Muse. Le trio ayant abandonné l'ambition démesurée d'écrire des chansons se complait dans la livraison express de chansonettes sans saveur. Testicule de rat-taupe ! ça en fait des mots pour dire que Muse fait de la crotte.

C'est amusant...
J'utilise ces trois mots (variante : c'est marrant) assez souvent, même pour des sujets dramatiques ou supposés tristes. Ils ne signalent pas une hilarité ni un amusement, mais veulent marquer ma surprise devant un détail plus anodin encore qu'un éternuement d'homme politique. Mais ça m'amuse de le préciser...
C'est amusant, disais-je, j'ai étudié une science sociale, je continue de lire des philosophes et je suis friand d'aphorismes, pourtant j'ai trouvé la vérité de mon époque (1) dans une série télévisuelle américonne !
La série en question s'intitule True Blood.

La vérité, la voilà : « People just get what they want and leave ».

J’avais bien dit qu’il était question ici de soliloque...
Je suis si bon que je me sens bien d'écrire un article sur True blood !
Un de ces quatre…

(1) J'entends par là le résultat de mes observations (2). Ce qui représente une part infinitésimale de l'époque définie comme l'Histoire du monde qui m'entoure.
(2) J'observe ce(ux) qui m'entoure(nt) depuis mon accident de la route. Avant de m'enrouler autour d'un rail de sécurité, je me contentais de voir les gens. À l'heure où j'écris ces mots (17 août 2018), j'ai vu les gens et mon époque pendant 24 ans, 5 mois et 9 jours. J'ouvre les yeux depuis 25 ans, 4 mois et 2 jours.

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