19 août 2018.
Je me prépare à me sonder, j'allume donc bédole pour me distraire de la monotonie du geste que je m'apprête à accomplir et bim ! une nouvelle horreur :
Une série de saynètes qui montre le quotidien supposé hilarant d'adolescents et de leur famille.
Dans l'épisode sur lequel je tombe littéralement, je crois comprendre qu'un mari jaloux soupçonne son épouse de prendre contact avec un béguin de lycée. La femme se défend comme elle peut et, en évoquant cette affaire d'école, nous sert : « Oh ça va (1), c'était il y a des années-lumière » !

J'ai enfin compris pourquoi, lorsqu'on m'a demandé quand j'avais vu un film de Steven Spielberg, je ne me suis pas autorisé à répondre « C'était il y a 2.50 mètres ».

(1) La télé française vient de faire la démonstration que cet idiome que je croyais typique du sud, est universel ! Stupeur, étranglement ! (2)

(2) Il vaut mieux avoir lu Amélie Nothomb pour ne pas s'interroger avec ces deux mots...

19 fev 2016 :
Un sujet sur la sécurité routière, peu importe la chaîne qui le diffusa, m'apprit ce jour-là que 94% des automobilistes se disent prudents, respectueux, bons conducteurs, etc.
Ce qui n'est pas une surprise, les automobilistes étant tous plus respectables les uns que les autres, nous savons tous cela.

Sur la même tévé, deux heures après ce sujet, un autre sur les essais d'un appareil perché sur un panneau stop et supposé détecter les véhicules ne marquant pas l'arrêt complet obligatoire.
Il me semble me souvenir que les essais se tenaient dans la commune d'Yerres dans l'Essonne. L'homophonie avec le nom de ma ville natale m'avait marqué.

Si on compare les deux chiffres et si les conducteurs interrogés étaient de bonne foi, les 500 infractions à Yerres ont forcément été commises par les 6% d'automobilistes indélicats.

Un simple calcul nous apprend que, si 500 voitures représentent 6% du trafic, il est passé plus de 8300 véhicules à cet endroit en six heures, ce qui fait une moyenne de 23 à la minute.
Une minute égale soixante secondes. 23 voitures en soixante secondes nous font 2.6 secondes par voiture.

Les chiffres ne me sont ni familiers ni agréables mais je ne pense pas m'être trompé sur ces calculs. Ce qui m'amène aux conclusions : marquer un arrêt complet sous un panneau stop doit sûrement prendre deux secondes, sans compter le ralentissement et l'accélération et, surtout, si toutes les voitures ont tenu 2.6 secondes au stop, c'est qu'aucune n'est passée sur l'axe transversal, ce qui est strictement impossible.

Mais alors, 94% des automobilistes seraient-ils de fieffés menteurs ?

J'ai la réponse à cette angoissante question et elle prend la forme d'une anecdote. Une anecdote véridique, bien entendu, autrement cela n'aurait aucun intérêt :

Il y a quelques années, entre vingt et quinze, dirais-je, je fus transporté en ambulance à travers plusieurs communes de la côte varoise. Même si je me trouvais dans le sens inverse de la marche, je pouvais aisément converser avec les deux ambulanciers et, par conséquent, les entendre.
À un moment du voyage, je sentis le véhicule accélérer sur une courte distance. Immédiatement, l'ambulancier assis à mon côté s'écria en direction de l'autre, au volant : « Hé ho, tu viens de griller le feu ». Première surprise : l'interjection avait été prononcée sur un mode amusé.
La seconde surprise provint de la réponse du conducteur : « Oh, ça va (1), tout le monde le fait ».

Un ambulancier. Avec une personne paraplégique à l'arrière.
Quand je pense à ce gars-là, je me demande où est-ce que je trouve la force de poursuivre mes interventions pour la sécurité routière... Mais ce sera peut-être le sujet d'un prochain billet.

(1) voir ailleurs sur ce site la signification de ces mots tout simples.

L'autre jour, printemps 2018, le technicien d'une société de matériel spécialisé fait une apparition dans mon terrier pour je ne sais quel type d'intervention sur je ne sais quel type de bidule supposé me faciliter la vie.
Mémoire (pas très) vive : il attrape je ne sais quel câble électrique et tire légèrement dessus, ce qui a pour effet de débrancher ledit câble qui était relié à je ne sais quelle autre extrémité de bidule destiné à me faciliter le quotidien (une petite variation n'a jamais fait de mal dans un monde aussi monotone que le nôtre).
Le bonhomme constate que j'ai assisté à la scène (d'où la description ci-dessus) et, pris d’une quinte de culpabilité incompréhensible à mes yeux, me sort une phrase du type qui ruine ma vie depuis des décennies :
« Oh, il s'est détaché tout seul ! »

Combien de temps Dieu permettra-t-il à ses ouailles de se décharger de toute responsabilité – même les plus insignifiantes – d’un revers de main ?
Pourquoi ce pauvre hère s’est-il senti obligé de prêter la vie à un câble, simplement pour ne pas avoir à prononcer les mots « j’ai débranché ». Je. Moi. Plus personne ne « fait rien » de nos jours, les objets les plus divers s’animent et chutent, se cassent, se débranchent, s’ouvrent ou se referment seuls.
Le je ne s’emploie plus que pour les occasions avantageuses, le reste est magie incompréhensible.
Ce que j’ai préféré dans cette farce, c’est encore sa conclusion : l’homme est parti en me laissant une chambre comme après le passage d’un cyclone. Trop aimable pour un magicien…

Il y a quelques années, s'est tenue une étape du tour de France cycliste du côté de Brignoles en descendant vers la mer, autrement dit sur une portion de route départementale que je connais littéralement par coeur pour l'avoir empruntée un nombre de fois incalculable entre 1987 et aujourd'hui ; c'est ce qui arrive quand on ne roule pas sur autoroute quand on peut faire autrement.
Une étape sur la route au-dessus de la Roquebrussanne, disais-je.

À l'approche de l'été, j'ai vu la réfection du tablier de bitume se faire, par petites portions. Sur cette route défoncée en permanence, où les nids de poule le disputent à l'absence de signalisation horizontale, où les impromptus des services de voirie et leur incompétence font des miracles. Une route « de merde » pour parler correctement. Eh bien, cette année-là, après plus de 25 années d'inaction, les engins du goudron se sont décidés à faire leur boulot... uniquement sur le bandeau que les rois de la petite reine ont empunté ! Je peux en témoigner, non seulement je connais la route, mais je me suis abaissé à visionner l'étape du jour sur mon écran de tévé.

Mais, il y a mieux. Comme je le dis quelque part dans ce carnet en ligne, la région de Brignoles, voisine de la mienne, est très ensoleillée et souvent aussi chaude que sèche. L'eau y est un bien précieux, surtout en été, période à laquelle se déroulent les effusions de pédale dont je parle ici. Le même jour que l'étape fut diffusé un reportage sur les préparatifs de chaque course, façon de louer le travail des équipes du tour. Quelle ne fut pas ma surprise teintée d'effroi, d'apprendre que la route avait été refroidie avant l'arrivée des pédalistes à grands coups de canon... à eau !

Résumons-nous : on culpabilise les populations par tous les moyens à propos de leur consommation d'eau, on régule ces mêmes consommations par temps trop sec, on montre du doigt les exploitants agricoles qui arrosent leurs champs... et on arrose la route du tour de France à grande eau ?

Et certains me disent cynique...

Un jour de printemps 2018.
Quillé quelque part entre Toulon et Hyères, je me dirige vers ma poubelle pour changer de paysage. Le temps de franchir quelques mètres sur le parking, un être de type approximativement ordinaire arrête sa camionette en plein milieu de la voie (alors que plusieurs places sont libres à proximité immédiate). Il descend de son véhicule.
Le moteur tourne.
Je l'apostrophe : « pardonnez-moi, monsieur, vous avez laissé le moteur de votre voiture tourner ». Lui : « ah oui, j'en ai pour une minute ». Et il disparait derrière une porte d'immeuble. Huit minutes et quelques après, il n'avait toujours pas reparu...

Au 21e siècle, les constructeurs automobiles suréquipent leurs engins de mort de tous les gadgets possibles pour séduire les idiots du village qui leur achètent et personne, surtout pas les hommes politiques qui se contentent de pondre les lois que les premiers leur dictent, personne, disais-je, n'exige d'eux la mise en place de dispositifs utiles... comme un coupe-moteur pour les cas d'imbécilité comme sus-décrit.

Au même endroit, une heure et demi après le premier épisode de la minute qui dure des heures, je monte dans mon cendrier et un autre véhicule plein de quatre individus vient se garer juste à côté... sur le passage piéton, bien matérialisé, légèrement en hauteur (comme un trottoir bas, avec un passage rabaissé pour les poussettes et les fauteuils roulants).
La passagère sort, je l'interpelle : « excusez-moi (toujours être poli avec les piafs, ils donnent parfois des coups de bec), vous avez vu que vous êtes garée sur la voie destinée aux piétons ? ». Elle : « Oui, oui, mais c'est pour le chien, on ne va pas le laisser au soleil, peuchère. » (les places de ce côté du bâtiment sont partiellement ombragées en cette fin d'après-midi). Tout le monde de sortir du véhicule et de disparaitre derrière une porte. Sauf le chien qui reste à l'ombre.

Les infirmes à mobilité dépendante des cons attendront que les cons aient vaqué à leurs occupations, ce qui importe, c'est que le chien soit resté à l'ombre.

Ce matin, en regardant une rediffusion du sujet Branchez Les Guitares !, sur Arte, j'ai voulu en savoir plus sur un des guitaristes et j'ai tout d'abord visité la page Wikipédia qui lui est consacrée.
Là, j'ai lu que Monsieur David Howell Evans, qui gratte des cordes mais surtout appuie sur des pédales au sein de la holding U Deux, s'est fendu d'un « Les mots sont un média très limité. » (1984).
32 ans après, cette saillie ouvertement anorexique, m'incite à l'enjoindre à ouvrir quelques livres...

09 juillet 2018, la canicule ne sévit pas encore mais là où je vis le soleil tape fort.

Je me gare sur un parking et une voiture est déjà garée non loin, un tiers du véhicule gêne la circulation des voitures sur la route.
Le moteur de la voiture tourne.
J'arrête celui de ma poubelle et je commence à monter mon fauteuil roulant.
Le moteur de la voiture tourne.
Un homme arrive du côté conducteur et entame une conversation avec le gars au volant.
Le moteur de la voiture tourne.
Après deux minutes, je relève la tête et j'interpelle les deux garçons et là un dialogue surréaliste se tient :
- Excusez-moi (ils se tournent dans ma direction), vous pensez que laisser tourner le moteur de votre voiture est une bonne chose ? Vous pouvez le couper pendant que vous discutez, non ?
- (le gars debout) On la paye pas l'essence (sourire d'intelligence... trouble).
- Je ne parle pas du prix de l'essence, mais de ce que la voiture rejette dans l'air que nous respirons.
- (le gars debout) C'est aux mecs des usines qui faut dire ça (ce en quoi il n'a pas tort).
- Bien sûr, mais à notre niveau, nous pouvons agir...
- (le conducteur) Eh, c'est bon, ça va (1), on fait rien nous, hein, c'est pas notre faute ! Et puis la voiture, elle redémarre pas.

Et, je pense ne jamais comprendre ce que le conducteur a fait : il a coupé le moteur et l'a remis en marche instantanément, prouvant ainsi que ce qu'il venait de dire était un mensonge.
J'ai souri (de sidération), ils se sont dispersés, je suis rentré chez moi. Le sourire avait disparu.

(1) Par ici - à savoir le sud de la France que je connais, écrasé de soleil - dire, marmonner, beugler, interejecter « ça va ! » fait office de plaidoyer. Cet idiome qu'on ne peut localiser avec plus de précision que grâce à « usité par les cons du sud » vise à laver toute culpabilité un peu (ou prou) gênante pour la personne qui le prononce. Ailleurs sur la planète France, on utilisera des euphémismes variés, l'objectif est le même : laver plus blanc.
Exemple :
- Il serait bien avisé d'arrêter de prendre des bains, surtout à un rythme quotidien.
- Oh ça va ! Y'a pas mort d'homme, c'est que de l'eau, cong.

La géographie est une discipline exigeante. Pensez un peu, le premier décembre 2017, sur une chaîne d'informations télévisuelle française... J'interromps ici mon récit pour vous rappeler que le métier de journaliste peut, certes, s’exercer sans un diplôme mais le CIDJ nous apprend que, de plus en plus, les journalistes sont diplômés. Les sésames s’obtiennent après une formation dans une école.

« Les concours d’entrée à ces écoles sont difficiles. Le recrutement se fait souvent à partir d’une licence (bac+3) mais la plupart des candidats ont un niveau bac+5. »
Source : cidj.com
CIDJ : Association loi 1901 placée sous le haut patronage du Ministère de l' Éducation nationale a été créée en 1969 pour que tous les jeunes aient un accès égal à l’information nécessaire à leur autonomie.

Or donc, les journalistes sont des gens diplômés. Instruits ; ayant acquis un certain savoir…

Je reprends mon récit : une journaliste vient à parler de la future coupe du monde de jeu de balle au pied qui se déroulera en Russie. Elle cite la ville de Iekaterinbourg, carte à l’appui et conclut son laïus par : « comme on le voit, Iekaterinbourg se situe bien à l’est de la Russie ». J'ai bien dit « carte à l’appui »...

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